A la Une...

2ème Ecran : Synthèse du marché

Ci-joint une rapide "overview" du marché du 2nd écran! Tablettes, Smartphones, Télévisions, comportements du consommateur, nouveaux usages et problématiques émergentes sont les points abordés...

Publié dans : Business Model et monétisation, Etude, Evolution de la TV, Publicité sur internet, Statistiques

Twitter

Internet vs TV, Quand les agences tombent le masque !

Ce post fait suite au communiqué du SVPTV d’hier…

bombe-illustre

Un excès de confiance qui se paie cher…

Facebook, Twitter, YouTube, DailyMotion, Google… lorsque ces nouvelles marques sont apparues, les media historiques tels que TF1, CBS, NRJ, Le Figaro, Le Times etc. les ont regardés de très haut. La signification profonde de l’émergence de ces media était restée incomprise car la liaison avec les concepts usuels n’étaient pas encore établies. Mais aujourd’hui, la donne est différentes. Facebook représente 350 millions d’utilisateurs qui passent chacun 20min de leur temps quotidien sur le site ! MSN est devenu le passe temps préféré des 12/25 ans, Google est une des sociétés, si ce n’est la société la plus puissante du monde. Et surtout, les « mash-up » fondent une nouvelle forme de prise de pouvoir en définissant malgré nous des standards « temporaires »…

Evidemment les chaines de télévision classiques et historiques ont longtemps pensé que leurs fondations étaient solides et donc éternelles. D’ailleurs, les agences media ont longtemps soutenu la télévision et les grands médias car ils étaient plus « structurant », « premium » donc plus rentable. D’ailleurs, une agence qui aurait abandonné trop vite son client gagne pain historique au profit de nouveaux petits entrants aurait été visionnaire mais suicidaire. Alors les choses se sont faites progressivement, des façon insidieuse, à demi-mot mais aujourd’hui l’équilibre s’est quasiment inverser et la tendance est claire. Les agences commencent dès lors a se permettre un peu plus de largesse en faveur des media internet.

Signe que les choses changent, la réplique d’hier du SNPTV qui déplore certaines actions de certaines agences media qui opposent le Web et l’Internet. Il est claire que ce message des chaines de télévision témoignent d’une grand peur devant ces petits devenus grands sans que les grands historiques puissent en croquer.

Juste retour des choses ?

Les chaines de télévision sont toujours 10 à 20 fois plus chères « à contenu et audience identique ». Ces mêmes chaines aiment d’ailleurs à répété régulièrement qu’elles sont plus « fédératrices », « puissantes », « qualitatives », « sûrs », « incitatives », « créatrices de notoriété et de croissance pour les marques » tandis que les media web sont « chirurgicaux », « complémentaires », « fidélisants », « générateur de trafic ou de buzz » au mieux… Et aujourd’hui, ces mêmes chaines de TV s’offusquent qu’une agence media se permettent de répondre haut et fort « ben non, plus maintenant » et tendent à les mettre en concurrence. N’est ce pas le juste retour des choses ?

Quoiqu’il en soit les choses sont loin d’être aussi simple. Les audiences des « massive media » sont désormais bien plus importantes que celles des TV, Google est devenu des dizaines voir des centaines de fois plus puissante que la plupart des groupe de TV, l’efficacité du web qui autre fois offrait des puissances limités a bel et bien gagné en puissance. D’ailleurs dans la guerre que se livrent tous ces acteurs pour la prise du leadership du contenu vidéo premium en ligne et la convergence des media, ils semblent que ce soit les sociétés Web qui sortent le mieux leur épingle du jeu. Sans compter que les producteurs, longtemps à la botte des chaines qui achetaient leurs programmes commencent à comprendre qu’ils peuvent également prendre eux même en main leur propre diffusion. A ce titre un rééquilibrage voire une inversion de la tendance est en train de s’opérer.

La facilité d’accès à l’audience inverse la donne

La Fox, la Warner, Universal, Sony, Disney etc. tous ces acteurs puissants autres fois dépendants du cinéma et de la TV peuvent aujourd’hui grâce au web diffuser leur programme à moindres coûts via leur propres plateformes de VOD (en propre ou mutualisées telle que Hulu). Ils ne s’en privent donc, évidemment, et d’ici quelques temps, l’arrivée de l’IpTV (Connected TV) devraient leur conférer une accessibilité plus forte et donc une puissance encore plus grande. L’hégémonie des TV est donc bien sur le declin et elles risquent de devoir passer par des concessions importantes sur leurs revenus.

Signes des temps, les agences media qui en public continuent a soutenir la TV (pour la marge qu’elles représentent), commencent à changer « off the record » leur fusil d’épaule. Ce communiqué de presse du SNPTV sonne d’ailleurs comme un rappel à l’ordre. Mais aussi et surtout comme un geste ultime qui tend à ralentir au maximum cette chute vertigineuse dans laquelle les chaines historiques sont entrées.

Ne soyons pas naif

La TV ne mourra pas, ne soyons pas naïf ! En revanche, sa forme actuelle, passive, concentrée, hégémonique est bien révolue. Le contrôle va changer de main. Il a d’ailleurs déjà changer et certaines lois ou inerties Européennes ont comme toujours retardé l’arriver du phénomène américain mais les choses sont très certainement enclenchées et les lois qui protègent souvent « surtout » les puissants dans ce domaine devraient finir par céder sous le poids de la puissance de ces « massive media »…

Le souci c’est que là ou précédemment les choses étaient simples, il y avait, du temps dans un écran pub, une page dans un magazine, un sponsoring, ou quelques autres formats, Le web propose et impose de nouvelle formes de « format » si on peut encore les appeler ainsi. Display, Search, Affiliation, Netlinking, Mid-Roll, Pre-Roll, Infiltration, Influence, Buzz, Advertainment, Sponsoring, Placement produit, Trick Mode Trigger, Twittering, etc. les dispositifs se doivent d’être de plus en plus complexe, multiplateforme et surtout de plus en plus séduisant là ou le consommateur est redevenu le maître du jeu grâce a ses 2 armes absolues : « le clic » et « le choix ». Cette atomisation des audiences et la complexité des dispositifs n’arrangent vraiment les affaires des agences media qui ont longtemps essayé de repousser au maximum le moment ou elle devrait réellement se plonger dans ces dispositifs. Le travail nécessaire pour un résultat équivalent est souvent bien différent et la rentabilité pour les agences est rarement au désavantage des chaines TV. Mais les choses changent, et si un organe commercial est bien pragmatique, ce sont bien les agences media ! Donc elles s’adaptent, elles se structurent et découvre par la même occasion l’intérêt que représente le fait que cette atomisation des audiences permet également de réévaluer leur poids sur ces marchés à leur avantage.

Aux US, 80% des consommateurs déclarent que l’outil le plus influent aujourd’hui sur leurs achats est le « bouche à oreille » autrement dit la réputation sur les media sociaux. Il ne suffit plus de gagner des points de notoriété spontanée ou assistée, il faut maintenant que l’image des marques soit suffisamment positive, séduisante, engageante, fédératrice, divertissante etc pour que les consommateurs ou les trend setter acceptent de le « buzzer » et joue leur pouvoir ultime de préconisation.

Le désamour des politiques fragilise le socle législatif

Mais le moment où les choses ont très certainement définitivement basculées est le jour ou les politiques ont compris que leur réputation ne se faisait plus autant sur la TV mais aussi en grande partie sur internet. Leur succès passerait donc désormais par ces fameux « massive media ». Ils les ont embrassés à coup de site internet, de blogs, de Facebooks, de Twittering, de vidéo YouTube etc. et ce jour là, Google, Twitter, Facebook, YouTube et les autres ont compris qu’il venait d’acquérir un nouveau pouvoir et que ce pouvoir était très certainement le dernier bastion dont il avait besoin pour reprendre la main sur les media classiques.

Content is the king !

Seuls socles qui perdure (et pas des moindres), le pouvoir du contenu. « Content is the king » dit l’adage ! et une fois de plus, il dit vrai. La musique, comme le cinéma ou l’information sont souvent mis à mal par une monétisation difficile sur le web due à l’habitude du gratuit qu’a instaurer celui-ci. Mais les nouveaux modèles pour les aider à se financer émergent et le rééquilibrage nécessaire est en route. La meilleure façon de le démontrer est de constater que les seuls qui arrivent encore à faire basculer le marché de la diffusion vers l’un ou l’autre de ses compétiteurs sont les producteurs. La guerre Hulu / YouTube (ici, ici ou encore ici) en est le meilleur exemple et ce n’est très certainement pas la dernière !

Cet article a été publié le jeudi, novembre 19th, 2009 et est classé dans Evolution de la production audiovisuelle, Publicité sur internet, Video sur Internet. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

  • http://www.plinkers.fr/2010/02/11/placement-produit-march-immature-pourtant-fortement-stratgique/ Placement Produit : un marché immature pourtant fortement stratégique ! | Plinkers – The product linking company (Plinking)

    [...] fondre de façon claire et a priori durable. Le feuilleton France Télévision Publicité et la crise chez TF1 ont dores et déjà fait couler suffisamment d’encre pour que nous soyons conscient des [...]