Au moment des débats sur la loi DADVSI, beaucoup notamment numerama se sont battus avec les maisons de disques pour leur faire comprendre qu’imposer des DRM sur les plateformes de musique en ligne était contreproductif pour elles. Non seulement jamais aucun consommateur ne s’est jamais dit « chouette, il y a des DRM, c’est ici que je vais acheter ma musique ! », mais en plus les DRM rendaient la musique illisible sur l’iPod, le baladeur le plus populaire du marché. Mais il a fallu des années aux patrons des grands labels pour arriver enfin aux mêmes conclusions, et aujourd’hui regretter de ne pas avoir écouté plus tôt les consommateurs.StrategyEye, qui cite une interview accordée au Nikkei Electronics Asia, rapporte que le président de Sony Howard Stringer estime aujourd’hui que « Sony aurait battu Apple dans la course aux consommateurs de musique numérique si la firme japonaise avaient rendu sa technologie plus ouverte ». Howard Stringer pense que « Sony a perdu parce qu’il s’est reposé sur des gestions de droits numériques (DRM) restrictifs, à un moment où les consommateurs demandaient à accéder à la musique à partir de différentes sources ».
« Si nous avions choisi une technologie ouverte dès le départ, je pense que nous aurions probablement battu Apple », regrette Stringer.
S’il est certain que le choix du format MP3 plutôt que leur format propriétaire ATRAC3 aurait largement aidé Sony, il n’est pas sûr cependant que ça aurait suffit à battre Apple. La plateforme Sony CONNECT en 2004, manquait notamment d’ergonomie et de simplicité. Sony manque également d’un baladeur MP3 capable de rivaliser en image de marque avec l’iPod. Or c’est bien grâce à l’effet conjugué de l’ergonomie impeccable d’iTunes et de l’image de marque reconnue de l’iPod qu’Apple a pu rapidement s’installer en leader incontesté de la musique numérique marchande.
Quoiqu’il en soit nous connaissons tous les correlations entre le marché de la musique et la vidéo. Le fait que le patron de SONY lui même explique que la création doit être relativement ouverte pour permettre son expansion et ensuite la monetiser plutot de la contraindre pour maitriser l’ensemble des tenants et aboutissants est particulièrement important de notre point de vue. Cette annonce de Stringer loin d’être politiquement correcte vis a vis des majors est pour nous la preuve qu’il est plus pertinent de favoriser une grosse diffusion avant de chercher à l’associer avec une processus de monetisation…
Dans les mêmes categories :
Business Model et monétisation, Innovations &Technologies
Par ordre chronologique:

