450 000 films téléchargés illégalement chaque jour en France

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Près de 450 000 films en moyenne par jour seraient téléchargés illégalement en France, via les réseaux peer-to-peer. Ces chiffres ont été publiés par l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa). Elle a demandé aux sociétés Thomson et Advestigo de surveiller les échanges sur les principales plates-formes de téléchargement (Edonkey / Kad-Overnet, Bittorrent, Gnutella1, Gnutella2) entre novembre 2007 et juin 2008.
« On ne s’attendait pas à de tels chiffres », a indiqué à l’AFP Frédéric delacroix, le délégué général de l’Alpa. « Nous sommes face à un phénomène majeur qui peut mettre en péril l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel ». Les chiffres publiés ne prennent en compte que les films téléchargés avec une piste audio en français.
Le mois de décembre dernier a vu le chiffre record de 536 000 téléchargements quotidiens en moyenne. Sur le mois de juin 2008, ce seraient au total 14,1 millions de fichiers qui ont été téléchargés illégalement. Les deux tiers des contenus piratés sont des films américains (66%), suivis par les films français (19%).
Au palmarès des films les plus piratés au cours des huit derniers mois figurent Transformers (3,7 millions de téléchargements), Next (3,2 millions), American Gangster (2,7 millions), Bee Movie (2,6) et No country for old men (2,5).
La riposte graduée, une solution ?
Côté français, Bienvenue chez les Chtis est largement en tête, avec malgré tout un nombre de téléchargements beaucoup moins élevé que ses concurrents américains : 682 000 téléchargements depuis la sortie du film en février 2008. Rappelons que le film a dépassé les 20 millions de spectateurs au cinéma. Suivent Persepolis de Marjane Satrapi (675 000 téléchargements) et la Môme d’Olivier Dahan (287 000).
Face à ces chiffres, l’Alpa demande « des mesures appropriées urgentes ». Selon Frédéric Delacroix, le projet de loi Création et Internet (aussi appelé Hadopi), qui prévoit la mise en place de la riposte graduée, « est peut-être une solution ».
C’est là que pointe la dualité du discours de l’industrie du cinéma : les producteurs se montrent alarmistes avec des chiffres de piratage astronomique, et soulignent l’urgence de la situation. Mais parallèlement ils restent fidèles aux accords Olivennes, selon lesquels le développement d’une offre légale pouvant réellement concurrencer les réseaux illégaux (avec des délais raccourcis pour la vidéo à la demande, par exemple), doit passer après la mise en place de mesures répressives.
Le projet de loi Hadopi ne devant pas être examiné avant l’automne au Parlement, il y a fort à parier que l’industrie du cinéma crie à nouveau au loup, avec une nouvelle salve de chiffres alarmistes, dans six mois.
L’avis de Pinkers :
Il est important de faire le point sur les résultats des mesures prises historiquement dans le cadre de la musique pour faire face au même problème. Nous savons tous aujourd’hui que se voiler la face en se disant que réprimer le piratage est une solution est aujourd’hui relativement utopique. En effet ce qui semble sauver l’industrie du disque aujourd’hui se trouve plus du coté des solutions alternatives et de l’invention de nouveaux modèles économiques orientés « économie du gratuit ».
Pour nous, la mise en place de solution de solutions de VOD performantes à des coûts non prohibitifs est une des premières options essentielles. Le développement de la simplicité de leur accès est donc urgent et doit être favoriser.
Au-delà de ces solutions qui ne sont pas réellement nouvelles, il semble essentiel de mettre en place de nouveaux modèles de production qui prennent en compte le principe de cette économie du gratuit. Il y a sûrement des solutions du coté de l’économie honteuse du porno qui a pourtant elle su trouver des solutions efficaces. Le plus gros des business sur le web restera toujours celui du X et au lieu de le montrer du doigts nous devrions plutot apprendre de leur expérience.
En effet, n’ayant évidemment pas pu trouver d’aides « juridiques » à leurs problèmes de piratage de leur contenu, ils ont pris le partie de faire des pirates leurs alliés en les récompensant sur des principes publicitaires ou d’affiliation.
Notre réflexion se tourne donc plus de ce coté. C’est-à-dire dans un mode de rémunération plus partagé dans laquelle la publicité (modérée) et le placement produit (subtil) prendrait une part plus importante.
Pensez vous que si nous proposions des contenus dans lesquels les modèles publicitaires sont embarqués et pour lesquels les ex-pirates seraient rétribués pour leur capacités de générer du business par ailleurs nous aurions toujours ce genre de problème ?
Source : http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39382637,00.htm
Cet article a été publié le dimanche, août 10th, 2008 et est classé dans Business Model et monétisation, Statistiques, Video sur Internet. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
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